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 du bout des lèvres (anita)

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visage de sankinles palabres des êtres
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MessageSujet: du bout des lèvres (anita)   Dim 25 Fév - 20:11

((Anita je t'ai trouvé belle sur le bord du chemin. Tu m'avais l'air cassée, tu m'avais l'air blessée. Tes mains frêles avaient la couleur de la mer et tes yeux fatigués roulaient dans le ciel, et comme tout cet azur était mal. Anita, le sang sur tes joues avait la couleur des feuilles mortes de l'automne mais l'arrière goût était si dur. Anita, j'aurais aimé te voir danser plutôt que te voir gisante sur les berges de pierre de Sankin.))

Il l'avait aimée dès qu'il l'avait vue. Elle avait l'air forte, mais dans ses bras à lui elle était si fragile. Il avait aimé son cou si doux cabossé par les coups. Il avait aimé ses lèvres gercées par le froid et certainement par d'autres. Il avait aimé ses paupières doucement refermées une fois qu'il l'avait soulevée. Il avait aimé la regarder dormir sur le chemin de la maison. Il l'avait aimée elle. Il ne sait pas pourquoi.

Piotr la mène jusque chez lui. Il l'allonge sur le canapé. Elle dort toujours, paisible après l'orage. L'encens sur le buffet diffuse son odeur et les lumières dansent autour d'eux.

((J'ai pansé tes plaies, Anita. Tu dors toujours et je ne sais pas quoi faire. Depuis que je t'ai vue, j'ai une folle envie de te prendre dans mes bras, de te serrer contre moi. J'ai envie de tuer tous ceux qui te font du mal. Anita, peut-être que je t'aime. Je ne sais pas comment ça se fait.))

Tressaillement.
Les paupières s'ouvrent et les mots se perdent.
Yeux de cornaline. Sourires égarés.
Couleurs ravivées.
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MessageSujet: Re: du bout des lèvres (anita)   Dim 25 Fév - 23:29

(il y en a eu des fois où j’ai cru que j’allais mourir.
ça ne m’allait pas, ce n’est pas parce que je brise mon corps et que je torture mon esprit les soirs où je sors que je veux en finir avec la vie, pas maintenant.
j’aime quand mon coeur bat vite, j’aime l’adrénaline,
je ne veux pas mourir !
des nuits et des nuits et même des jours parfois que je les entends me critiquer
m’insulter, me mutiler
je ne suis pas aussi forte que ce que je pense
je ne tiendrai pas le coup
pas seule)

un tourbillon de couleurs m’assaillit, et des étranges souvenirs me reviennent, comme une fête foraine où je ne suis jamais allée. évidemment que je n'y suis jamais allée, sankin aspire toute once de joie. je me demande comment je fais pour reconnaître encore les couleurs, tellement j'en vois peu. mais là, mes yeux m'en font bien part, et j'ai du mal à comprendre.

je ne sais même pas si je me rappelle de quelque chose. quelque chose me frappe à l'intérieur de ma tête, et mes joues sont en feu. comparé à la douleur que l'on ne ressent que la nuit, sous les draps, quand on veut s'arracher les yeux pour les faire partir, ce n'est rien. je ne me sens tout de même pas bien.

ce n'est pas comme les nuits, enfin les matinées, comme je les connais, là j'ouvre les yeux presque tout de suite. je crois que j'ai sursauté.

une odeur étrangère me caresse le nez.

je relève un peu la tête.

quoi ? qu'est-ce qu... allô ?

je ne suis pas seule.

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MessageSujet: Re: du bout des lèvres (anita)   Mer 28 Fév - 9:49

Par trop de fois ses yeux se baladent sur les murs de sa maison. Lui la regarde et qu'est ce qu'elle est redevenue reine, celle des couleurs et de la vie, alors qu'avant elle était si terne et s'engageait vers la mort. Quand elle desserre les lèvres lui ne dit rien, c'est pas qu'il est muet, il ne parle pas beaucoup. Il lui sourit, d'abord, ça suffit. Du pastel flotte dans le salon mais n'efface pas le bleu de ses mains.
Il en prend une, doucement, du bout du pouce éprouve chaque phalange (c'est encore agréable, la peau est rugueuse à cause des croûtes mais ça va). Piotr imagine les vaisseaux sanguins éclatés et les multiminifractures qui sont à l'intérieur, puis la grande fracture dans l'esprit de la femme.

Tes mains ont la couleur de la mer.
La mer abyssale des dragons.


Il le souffle, du bout des lèvres, pas bien fort, pour pas la brusquer. Et puis, il n'aimerait pas que quelqu'un vienne piétiner le royaume qu'il a inventé pour elle. Il repose la main, prend l'autre. Les siennes sont chaudes, celles de la femme sont froides, cela fait un heureux contraste. Tout chez elle a des nuances froides, pas une once de chaleur, sauf peut être dans son sourire, c'est sans doute bien caché.
Violet violette, violet pourpre, violet douleur, violet sanglant. Bleu lazuli, bleu douceur, bleu sourire, bleu coups, bleu bleus. Bleu larmes, bleu chagrin, bleu ses yeux. Il y avait du ciel dans ceux là. Des bouts de ciel. Il y avait.
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MessageSujet: Re: du bout des lèvres (anita)   Mer 28 Fév - 23:58

je n’ai pas peur des inconnus. au contraire, l’inconnu m’attire. l’inconnu est quelque chose de fascinant. j’aime essayer de deviner des choses sur le monde, ou plutôt d’imaginer parce que je ne suis pas la meilleure des observatrices.
(se référer à Шерлока Холмса ;  sherlock holmes)
là non plus je n’ai pas peur. en fait, je ne sais pas ce que je ressens.
j’ai l’impression que mon corps est détruit.
je n’ai aucune idée de ce qui est arrivé.
je suis confuse.
mon inconnu est devant moi.
quelle tête étrange, il y a des gens que je n’arrive pas à décrire. il ne répond pas mais son sourire semble sincère et moi je n’ose imaginer ma tête.
ah, anya, avec tes airs dramatiques, avec ta bouche rose qui s’ouvre en o et tes yeux qui s’écarquillent au dessus de tes cernes grises.
je me déteste d’avoir l’air probablement stupide.

en levant mon dos, j’ai l’impression de m’être libéré de cent ans d’emprisonnement sous la forme d’une statue de glace. mes os craquent, mon corps se rallonge dans l’air. mes yeux sont fixés vers lui alors que je caresse nerveusement mon draps de fortune.  
je ne sais pas quoi dire.
lui me prends les mains.
et murmure avec attention.
c’est la première fois que l’on me parle de couleurs depuis un moment.

j’ai sans doute l’air terrifié, et sans voix, et ma peau pâle doit faire peur à voir.
mon regard se baisse rapidement sur mes poignets, puis mes doigts, puis mes ongles. mes mains sont maigres, un peu sales, avec des ecchymoses. les siennes sont plus douces mais j’ai un geste de recul.
tout d’un coup, je prends conscience de la situation.

alors, je recule doucement, puis me lève rapidement ; mais debout je chancèle
alors
alors je m’accroche au mur et continue de le fixer.

hein ? je suis où ?

ma voix se fait aigüe et tremblante sans raison.

c’est chez toi ? c’est quoi ? hein ?
qui est tu ?


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MessageSujet: Re: du bout des lèvres (anita)   Jeu 1 Mar - 19:08

Il l'a effrayée. Ça l'attriste un peu.
Il voudrait lui dire que putain moi aussi j'ai mal, j'ai mal partout on m'a cassé, je suis brisé mais personne ne me soigne, mais je m'en fous, j'ai trouvé l'exil dans tes yeux et
Et il lui sourit juste. Parce que quand même, lui sortir ça, après la mer abyssale des dragons, il est pas sûr que ce soit la bonne idée.
Pas partir.
Tout ce qu'il veut, c'est qu'elle parte pas. Ses mains sont accrochées au mur comme des appels à l'aide et il se rend compte à quel point dans sa tête à elle c'est la tempête quand il croyait que l'orage était passé. Il se rend compte que chez elle il fait jamais vraiment beau, elle n'est belle qu'à l'extérieur, mais il s'en fiche, il veut pas qu'elle parte parce que dans le fond, il se retrouve un peu en elle. Sauf que lui il a l'air sain des deux côtés. Elle, elle semble si amochée que ça lui fait mal au coeur.
Des cris stridents (sa voix) l'appellent. Lui posent des questions. L'interrogent. Simplement, il délie les réponses, défait les noeuds, remplace les silences par quelques mots.

C'est ma maison.
...
Piotr.
Ça c'est mon nom.


Il continue de lui sourire, plus tendrement, cette fois-ci. Il a retrouvé quelques lueurs familières. Il semble que les vagues vont et viennent avec la demoiselle.

Ça va mieux ?

((dans le fond j'espère pas
j'aimerais que tu restes encore
parce que tu ne vas pas bien
dans le fond j'aimerais bien
que tu restes en allant bien))
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MessageSujet: Re: du bout des lèvres (anita)   Sam 3 Mar - 17:45

(j’imagine que la notion de gentillesse est différente pour tout le monde.
on essaie de m’aider, je ne réagis pas.
piotr, si tu n’existais pas, il faudrait t’inventer. je l’ai compris trop tard hélas.)

sur le coup, j’ai quand même peur. je comprends bien qu’il essaie de me rassurer mais en même temps, je ne comprends pas. en général, même si je n’ai aucun souvenirs de ma nuit passée, je comprends au fur et à mesure. rien qu’un regard, un petit clin d’oeil, un levé de sourcil qui semble dire « j’ai passé une excellente nuit, tu étais super. » ou même une moue confuse et frustrée qui indiquerait que j’ai passé la nuit à vomir sur un tapis. mais là, rien. j’ai du mal à te décrypter piotr et ça m’énerve.

ça m’énerve mais tu ne le mérites pas, c’est ça le pire. j’aimerai bien t’engueuler un peu, te crier dessus, mais j’aurai l’air d’un monstre, déjà que c’est de quoi j’ai l’air à l’extérieur. je me suis vue dans un miroir, je n’ai pas besoin de me mentir à moi même pour ma mine terrible. ah, mes expressions sont probablement ridicules. mes sourcils froncés, mon air oscillant entre le dégoût, la surprise et la colère.

mais il continue à sourire.
ça m’énerve un peu.
moins qu’avant j’imagine.

piotr hein ?

je croise les bras et je redresse le dos ; c’est peut-être mon essai pour avoir l’air plus effrayante, ou au moins plus confiante.
piotr est plus grand que moi et je suis chez lui.
quoi que je fasse, j’aurai pas l’air effrayante.

hmm. je suis anita.
parfois on m’appelle anya, ou parfois parfois ana.
mais pour toi ce sera anita.


pause, et mes sourcils descendent encore et ma gorge se serre, et mes jambes semblent lâcher alors je fais un pas en avant.

et n’espère pas qu’on couche ensemble
tu n’es pas mon genre de toute façon.


vlan. ça ne servait à rien et tu ne le mérites pas. de toute façon ce n’est pas vrai. je n’ai pas de genre.

je ne sais pas pourquoi
- je suis prise d’une petite toux -
je ne sais pas pourquoi je suis là.
ni pourquoi je suis dans cet état là.
je te jure que normalement, je n'ai pas une gueule de boxeur


bon dieu (quelle expression infernale), j’ai l’air d’une princesse, ou d’une gosse pourrie gâtée et je ne suis ni l’un ni l’autre. peau d’âne à la limite, mais dans ce cas là peau d’âne qui s’est battu contre trois personnes.

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MessageSujet: Re: du bout des lèvres (anita)   Dim 4 Mar - 9:07

Dans la poésie des sourires se cachent parfois. Comme les couleurs, on a souvent du mal à les voir dans tout ce gris pourtant elles sont bien là, embusquées sans un bruit derrière quelques coups qui partent, souvent il faut fermer les yeux pour les apercevoir. Comme ça on se cache la misère du monde et on va tout de suite mieux. On ne se perd pas dans le bleu de certains yeux. Certains reflets dans les rétines. Il arrive que les mots sont comme des vagues et que les vagues sont trop fortes pour leur résister. Il arrive aussi qu'aucune poésie n'existe et qu'on ne trouve aucun sourire alors. Parfois c'est trop cruel et on en a marre.
On voudrait crier, on voudrait hurler. On voudrait dire aux autres que c'est pas possible, que ça marche pas comme ça. Si je t'aide aide moi en retour. Si je te sauve réponds à mes appels. Si je me perds dans la profondeur de tes mots, puis la profondeur de ton corps, s'il te plaît, sors moi de là. Mais ça ne marche pas vraiment comme ça. Puisqu'on trouve des sourires dans la poésie autant sourire directement, ce sera plus poétique. On se sentira plus con, on se sentira plus libre et puis, comme ça, ça nous fait une excuse pour pas parler. Pour encaisser la vague trop dure des mots qui déferlent.
C'était pourtant pas bien violent. C'était des trucs jetés en l'air et ça il le savait. Pour lui qu'elle s'appelle Anita ou Anya ça revenait au même (il préférait Anita). Pour lui qu'il soit rien pour elle ça faisait rien. Maintenant qu'elle l'a repoussé ça lui fait un peu mal au coeur.
Puisque de la poésie et des couleurs il peut plus lui en apporter (il les a trop usées, elle a l'air épuisée), tant pis. Il largue tout. Il aurait pu crier, il aurait pu hurler. Lui dire toutes ces choses qu'on lui a débitées. Il délie son visage et il laisse tomber ses épaules. Si les sourires elle comprend pas alors il arrête de sourire. Si elle est perdue il lui prend la main.

Il lui prend la main.
Ils sont debout face à face. Pas de musique ni de bruits en arrière plan. Pas de perturbations sur la ligne, juste leurs souffles entre eux deux même s'ils sont loin, pour lui c'est comme s'ils étaient tout prêt, il l'entend. Ça lui suffit pour pardonner.

T'es là parce que t'en as besoin ?
T'es là parce que tu es fracturée, et que je t'ai réparée ?


Ses yeux disent si tu veux tu t'en vas.
Sa main dit s'il te plaît t'en vas pas.
Piotr a perdu la bataille (il le sait, elle va partir, elle va bien partir un jour non ?). Piotr se demande pourquoi il l'a ramassée hier soir. Pourquoi il a passé la nuit à regarder doucement sa poitrine se soulever, ses cheveux s'emmêler. dansant à la manière des flammes de la cheminée. Piotr ne connaît pas l'amour. Il ne connaît que la poésie.
Le silence.
Pas beaucoup de mots pour lui dire, juste quelques vides et quelques souffrances (lui aussi il jette des choses entre eux deux mais elle les prend pas, elle en veut pas).
Pas assez de temps pour garder sa main froide et ses grands airs dans le creux de sa main à lui.

Juste quelques mots dans le coin des lèvres. Ses paupières qui se ferment. Lui laissent le temps de décider.

Tu restes ici ?
Un peu ?

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